Qui est Hikitsuchi senseï ?
Descendant d'une famille de samouraï, son éducation austère, fut faite par sa grand-mère, maître de naginata (lance recourbée en son extrémité), qui va l'élever dans la tradition du budo (voie du guerrier).
Il étudie le judo, le kendo, le karaté, l’équitation martiale, le lancer de couteau, la nage de combat, et quantité d'autres techniques de guerre jusqu'a l'âge de 20 ans, il est notamment 8ème dan de judo, de kendo ( voie du sabre ), de iaido (art de dégainer le sabre), ce ne sont que ses plus hauts grades, il totalise " 110 dans" dans les différentes disciplines martiales.
Il a étudié également les textes bouddhistes et shintoïstes (religion d'état au Japon) et a reçu des degrés de prêtrise dans cette dernière religion.
Il a étudié aussi les arts traditionnels du Japon, l'arrangement floral, la cérémonie du thé, la calligraphie et le koto (qui est un instrument de musique très difficile).
Il rencontre O senseï Mohirei Ueshiba à l'âge de 14 ans et commence avec lui l'étude des armes : bo-jutsu (bâton long sabre et bien sûr l'AÏKIDO ; il deviendra son disciple à ce moment et c'est sur ses conseils qu'il étudie profondément les textes shintos.
En 1942 il deviendra instructeur des cadres de l'armée puis il retrouve son maître après la guerre en 1946, celui-ci lui demande alors de construire un dojo à Shingu où il vient très fréquemment puisqu'il est originaire de cette région (ce qui fait qu'ils se comprenaient parfaitement ayant les mêmes accents et le même patois ).
Ils pratiquaient beaucoup ensemble l'Aïkido et le sabre "sho chiku bai no ken" (école de sabre crée par le maître Ueshiba) dite du pin du bambou et de la prune.
- du pin, "sho", symbolise la sincérité
- du bambou, "chiku" , symbolise la souplesse et la force qui jamais ne se décourage
- la prune, " bai" , symbolise la douceur de l'instant fugitif
Ce nom regroupe les qualités que doit posséder tout pratiquant . O senseï et Hikitsuchi senseï faisaient souvent des démonstrations d'armes et d'aïkido dans les temples sacrés qui sont fameux dans cette province.
En 1957 O senseï lui remet le diplôme de masakatsu bo-jutsu (école de bâton long créée par le fondateur ) ainsi qu'un rouleau dessiné illustrant les ultimes secrets de son art, avec un texte écrit de sa main où il est notamment dit : "la fonction de la lance et du sabre est de devenir takemutsu aiki" : c'est à dire source de centaines de techniques. Il fut le seul à recevoir cette autorisation d'enseigner à son tour le bo-jutsu et le seul ayant reçu une autorisation d'enseigner les armes, ceci lui fut remis en reconnaissance de la maîtrise de son art .
En 1969 peu avant sa mort, O senseï remet à Hikitsuchi senseï le grade de 10ème Dan en disant devant 5 témoins "je t'ai tout donné Michio San, je te donne le 10ème dan, accroche-toi" ; il sera le premier et le seul disciple à recevoir ce grade du vivant de O senseï.
Si Hikitsuchi senseï a reçu ce grade c'est à la fois à cause de ses connaissances profondes du budo (voie du guerrier et des arts martiaux ) mais aussi du shinto.
Beaucoup de personnes ont été très proches de O senseï Ueshiba mais très peu ont compris son message spirituel, il parlait souvent des kamis (divinité shinto ) et donnait de nombreuses explications sur ce qu'il voulait exprimer dans son art, hélas les élèves étaient souvent las de ses discours et voulaient plutôt connaître ses techniques foudroyantes. Il était certain que dans le Japon moderne d'après guerre, parler du shinto rappelait de mauvais souvenirs d'extrême droite, celle là même qui les avait menés à la défaite et que sans une connaissance approfondie des textes, sa façon intuitive de s'exprimer très liée à celle d'un guerrier d'expérience, restait très difficile à comprendre.
Le 26 avril 1969 O senseï Mohirei Ueshiba s'éteint d'un cancer à l'âge de 86 ans, Michio Hikitsuchi se voit confier la barbe et les cheveux de son maître, afin qu'il les dépose dans le temple shinto de son dojo. Avant sa mort 0 senseï avait fait jurer à Hikitsuchi senseï de protéger son fils et de lui rester fidèle, ce qu'il a fait dans l'ombre jusqu'à aujourd’hui.